This entry was posted on Mardi, novembre 10th, 2009 at 0 h 27 min and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.
Le Blues de Chiba
JDR, Jeux de société et Tactique
J’ai toujours eu une relation d’amour/haine envers le jeu de rôle. Cette activité n’est pas socialement totalement acceptée. Une fois révélée votre terrible secret à vos amis, vous serez forcément catégorisé geek penchant frustré et introverti. Ou au mieux, si votre interlocuteur ne sait pas très bien de quoi il s’agit, vous aurez peut-être la chance de défendre votre cause en lui expliquant les différents aspects positifs du jeu de rôle. Mais en parlant d’aspects positifs, le jeu de rôles en possède-t-il ?
J’ai tendance à penser que le jeu de rôle, à l’instar du roman ou du film, est une activité consistant à se réfugier dans un univers virtuel, fruit de notre imagination, afin de mieux échapper aux turpitudes de la vie réelle. Au contraire du roman ou du film, le jeu de rôle permet de définir nous même la réalité fictionnelle afin de pouvoir combler totalement notre attente et éviter au maximum toute frustration. En somme une activité extrêmement lâche et honteuse dont les pratiquants souffrent invariablement de bovarysme ou d’une autre névrose se rapprochant. Vous me diriez sûrement que je n’ai pas beaucoup d’amour propre si je continue à pratiquer cette activité (ou suis-je peut-être suffisamment désespéré) sans réagir.
De tels conclusions ne tiennent que pour certains jeux de rôles, ceux prenant place dans un univers attractif, encadrés par des règles nourrissant l’égo du joueur. Pour donner des exemples de tels mécanismes, je citerai l’utopie du travailleur (la progression se fait toujours de manière linéaire et positive) ou encore le fantasme de l’immortalité (à force de progression, on atteint un statut quasi-divin) pour reprendre des termes de l’article Level Up ! de Martin Lefebvre concernant les JDR sur console. Sa théorie qui s’applique originellement aux jeux vidéo peut également être appliquée au jeu de rôle sur table. Certains jeux de rôles papier usent en effet de tels stratagèmes. L’on pourrait citer les plus célèbres d’entre eux : Donjons et Dragons et Shadowrun.
Que dire du jeu de rôles L’Appel de Cthulhu, également un éminent représentant du jeu de rôle papier ? Il est à noter qu’il n’a, à ma connaissance, pas connu de portage console sous forme de JDR. L’Appel (pour faire court) est tiré des écrits de l’américain Howard Philips Lovecraft. Il prend place dans un univers contemporain où la Terre serait menacé par de nombreuses et toutes-puissantes entités cosmiques, des dieux dont la seule volonté (intelligible) est d’asservir l’homme. La répartition des forces est ici intervertie. Le joueur joue le rôle de la créature impuissante qui essaie tant bien que mal de survivre à la partie. Le dieu joue le rôle de l’opposant, dont les chances de victoire ne font aucun doute. Et que dire de Warhammer JDR ? Jeu de rôle également célèbre prenant place dans une Europe moyenâgeuse obscurantiste, il ne laisse en règle général aucune possibilité aux joueurs de défaire son principale adversaire, le chaos, mal voilé insidieux et imbattable. Il est tout de même à noter que je parle ici de la première édition de Warhammer, la deuxième édition se rapprochant plus (mais de si peu) d’un jeu de rôle de la catégorie exposée au début de cette article.
Qu’est-ce qui rend alors les deux précédents jeux intéressants ? Il ne semble pas que ce soit les mécanismes évoqués plus haut. La question qui revenait souvent dans les parties est : « Que ferait mon personnage s’il était confronté à telle situation ? ». Les joueurs et le MJ sont activement mis à contribution en tant qu’investigateurs de la conscience humaine, véritable expérimentateur du mode opératoire de la raison humaine, essayant de comprendre les mécanismes de la peur et de la souffrance humaine.
Finalement ai-je trouvé ce qui pourrait apporter ses lettres de noblesses aux jeux de rôle. Non pas (et bien au contraire) une disposition à l’égocentrisme comme nous le retrouvons souvent dans les JDR consoles et autres MMORPG, mais une véritable exploration de la condition humaine, dans tout ce qu’elle a de plus cru, sans aucun fard, certains oseraient même dire désespérante. Me voilà rassuré… pour un temps du moins.
A noter que je viens de fauter en écrivant ce billet d’humeur (c.f. mon premier article). Toutes mes excuses.
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